lundi 11 février 2008 - 16h45
Actualité : Solidarité
Chroniques béninoises
Trois arbitres de la fédération, dont l'Alsacien Frank Schneider, viennent de se rendre au Bénin dans le cadre d'une mission humanitaire organisée par l'association UNIS VERS le SPORT :
Photo : Beaucoup d'arbitres lors de chacune des formations dispensée par Tony Chapron, Frank Schneider et Johann Perruaux.
Ils ont assuré pendant une semaine la formation des arbitres de la ligue de Porto Novo, la capitale administrative de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, coincé entre le Togo et le Nigéria. Frank Schneider nous livre ses « chroniques béninoises » :
Lundi 21 janvier
Départ pour le Bénin. Je suis avec Tony Chapron, arbitre de Ligue 1 que j'ai rencontré à Grenoble. Johann Perruaux, qui nous accompagne, est arbitre-assistant en Ligue 2. Il est aussi un ami d'enfance de Tony. Ce dernier a déjà vécu une expérience au Mali. Nous nous retrouvons dans ce projet après une rencontre avec l'association « UNIS VERS le SPORT ». Nous avons chargé nos bagages avec des tenues d'arbitres et des livres offerts par de nombreux arbitres alsaciens que je tiens d'ailleurs à remercier, mais aussi des cadeaux de la FFF. Nous atterrissons à 19h20. L'aéroport est vétuste, petit et grouille de monde. Il fait chaud et humide. Nous sommes accueillis par Pierre Coffi Tonon, correspondant local de l'association strasbourgeoise.
Mardi 22 janvier
Nous avons notre première réunion de travail avec la commission d'arbitrage, avec le président Abdou Fatai Aderoudjou et le secrétaire général Dominique Kougbemede. L'accueil initial est frais car les responsables ont changé. Mais l'atmosphère va rapidement se détendre.

Mercredi 23 janvier
Une personne doit venir nous chercher à 7h30. Elle arrive à 9h. c'est l'Afrique Nous nous rendons ce matin à un cours de football de l'INJEPS, l'institut national de la Jeunesse et des études physiques et sportives. Notre correspondant, Pierre, nous emmène ensuite à son cours de basket. Il est prof de basket à l'INJEPS. Sa fille dispense le cours en son absence.

En nous quittant, Pierre nous a dit : « ce soir, en me couchant, je suis comblé et heureux ».
Jeudi 24 janvier
Aujourd'hui, nous sommes pris en charge par Raimi Aliou, l'ancien président de la Ligue de football de Porto Novo. Nous allons à Cotonou retirer de l'argent, ce que nous n'avons pas réussi à faire à Porto novo car il n'y a aucun distributeur. Nous visitons les bureaux de Raimi à Cotonou puis nous nous rendons à la frontière avec le Nigéria. Nous allons jusqu'à la zone franche où Raimi a un autre bureau. Il nous explique comment se passent les fraudes et les difficultés de faire du business avec les Nigérians. Nous rentrons à Porto Novo pour déjeuner et il nous invite dans un restaurant perdu pour manger de l'agouti avec de l'escargot de la taille d'une main. C'est horrible !!! Jamais nous ne nous serions allés dans un tel endroit seuls. Pendant le déjeuner, Raimi nous sollicite pour l'aider à travailler avec la France, quelle que soit la manière

Vendredi 25 janvier
Après le petit déjeuner, nous avons une réunion avec la CRA pour comparer les fonctionnements et amélioration de leur système (désignation, descente-montée ).
Nous embarquons à bord d'une pirogue pour nous rendre à Agege. Il s'agit d'un village sur pilotis. Il faut 45 minutes de pirogue pour y arriver. Nous sommes en saison sèche et le niveau de l'eau est assez bas pour pouvoir jouer au foot sur le terrain de Agege qui évolue en 2e division. Seulement 4 arbitres acceptent d'y officier. Les autres ont peur de l'eau, mais aussi, semble-t-il, du climat parfois difficile qui règne sur les matchs. Nous enchaînons avec la visite du grand marché de Porto-Novo. Nous y trouvons principalement des produits alimentaires. Nous avons l'occasion d'assister à un enterrement. C'est une vraie fête, très loin de nos cérémonies européennes.
Le soir, nous regardons le match Bénin-Côte d'Ivoire qui de joue lors de la CAN au Ghana. Lourde défaite des « écureuils », les footballeurs béninois.
Samedi 26 janvier
Réveil à 6h pour un début d'entraînement à 6h45. Nous faisons une séance de préparation physique puis nous arbitrons un match en binôme (Tony ou moi avec un arbitre central Johann avec un assistant). Nous changeons les arbitres toutes les 5 minutes. Nous avons fait un débriefing sous un hall puis une salle de classe.
Nous remettons ensuite les maillots aux arbitres, évidemment, il y a plus d'arbitres que de maillots. Il nous aura fallu plus d'une heure pour distribuer les maillots
L'après midi, nous allons au centre de promotions de l'artisanat à Cotonou en Peugeot 505 pour faire du shopping. A notre retour, des arbitres nous attendent à l'hôtel. C'était d'ailleurs le cas presque tous les jours. Cela nous a donné la possibilité de parler avec eux en dehors des cours. Il y a 300 arbitres béninois au total, dont 13 internationaux. La plupart sont étudiants ou fonctionnaires.
Dimanche 27 janvier
Retour vers la France. C'est le moment du bilan. Je retiens de cette semaine qu'elle aura été avant tout une belle leçon d'humilité. Je sais que je reviendrai, ici ou ailleurs, car nous avons eu le sentiment d'avoir été utiles. L'expérience a eu un coût pour nous qui l'avons pris en charge entièrement, mais elle restera gravée dans nos mémoires. Ce fut une expérience humaine très riche. Il faudra simplement peut-être mieux préparer les choses. Ce sera de toute façon plus facile, maintenant que nous avons des contacts sur place.
Retrouvez le Diaporama complet du périple béninois des trois arbitres de la Fédération.
--- Repères : ---
L'association strasbourgeoise « UNIS VERS le SPORT » n'intervient pas qu'au Bénin, mais également depuis plusieurs années au Sénégal et au Mali. C'est d'ailleurs à quelques kilomètres de Bamako qu'elle devrait prochainement inaugurer son tout premier centre de scolarisation et d'éducation par le sport qui va permettre à près de 50 enfants de retrouver les bancs de l'école chaque année. Le centre « UVS » au Mali a été construit avec le soutien de Cédric Kanté, joueur pro de l'OGC Nice et parrain de l'association depuis la première heure, de l'UNESCO et de l'UCPF (Union des Clubs Professionnels). A ce propos, l'association recherche activement des parrains en France afin d'assurer la scolarité de chaque enfant.
Enfin, «UNIS VERS le SPORT» continue de mener ses projets d'éducation et d'insertion par le sport dans les quartiers strasbourgeois, notamment le Neuhof et la Meinau.
Retrouvez toutes les informations utiles sur les projets de l'association sur le site Internet www.unisverslesport.com ou auprès d'Ilan Blindermann au 03 88 27 95 91.

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