AS Reichstett, le pari de la jeunesse

Lauréate du challenge du Bénévolat Blanc du Nil du mois de mars, l’AS Reichstett s’appuie sur un ancrage du bénévolat et une culture familiale forte pour assurer la pérennité du football dans la commune de l’Eurométropole strasbourgeoise. Rencontre avec Jean-Pierre Bucher (à gauche de l’image – photo Pierre Bastian), l’emblématique président d’un club tourné vers sa jeunesse.

Association d’une petite ville d’un peu plus de 4000 âmes située à quelques kilomètres au nord de l’agglomération strasbourgeoise, l’AS Reichstett fait partie de ces clubs alsaciens où l’ancrage du bénévolat perdure à travers le temps et permet à plus de 200 licencié(e)s de pratiquer, à proximité de leur domicile, leur activité sportive favorite. Président de l’ASR depuis 2006, Jean-Pierre Bucher illustre cet investissement de tous les instants. « Je suis arrivé au club en 1992 par le biais de mon fils aîné qui commençait le football en débutants, » se souvient-il.

Éducateur d’équipes de jeunes d’abord puis membre du comité ensuite, l’ancien mécanicien auto aujourd’hui à la retraite a naturellement repris les rênes du club après le retrait de Marcel Beteta, historique président de 1993 à 2006. « Quand Marcel a souhaité passer la main, personne ne s’est bousculé au portillon pour prendre la présidence. J’avais d’abord donné mon accord pour une année de transition et 12 ans plus tard, je suis toujours là, » souligne l’ancien latéral gauche du club voisin du FC Souffelweyersheim. 

Une histoire de famille
Epaulé depuis le début de l’aventure en 2006 par sa femme Marie-Claude, secrétaire du club, Jean-Pierre Bucher s’est progressivement entouré de personnes de confiance. « Au départ, nous avons eu un peu de mal à refonder un comité car beaucoup d’anciens ont arrêté petit à petit. Mais nous avons progressivement réussi à intégrer des jeunes dans le comité. C’est une réelle plus-value car ils viennent avec d’autres idées et une autre vision. »

Forte de son association intergénérationnelle, l’AS Reichstett peut aujourd’hui s’appuyer sur un comité de 18 personnes et une trentaine de bénévoles actifs animés par un projet commun. Un projet ou plutôt une politique axée depuis de nombreuses années autour de la formation des jeunes et de la culture club. « Reichstett est un club familial, il faut avant toute chose que les gens s’y sentent bien, » renchérit le président. Preuve de cet enracinement local, plus de 90% de l’effectif de l’équipe fanion a été formé à Reichstett, à commencer par les deux fils de Jean-Pierre Bucher, Sébastien et Philippe.

Miser sur les jeunes
Attaché à cet « esprit de famille », le jeune retraité aux 62 printemps souhaite désormais appuyer le travail de formation, en commençant par la base, la structuration des écoles de football du club, masculine comme féminine. « Je suis persuadé que la fidélisation des enfants passe par un bon travail au niveau de l’école de foot, une école où ils prennent beaucoup de plaisir à jouer ensemble. » Avec deux équipes de Pitchounes, une formation de Poussines et une d’U11, l’horizon semble dégagé du côté de Reichstett même si des données démographique et structurelle contrarient Jean-Pierre Bucher.

« Reichstett est une commune qui perd des habitants. Il y a très peu de projets immobiliers et donc peu de jeunes actifs avec des enfants qui s’installent. Aujourd’hui, si nous n’avions pas de jeunes des alentours, nous n’aurions plus d’équipes. L’autre problématique réside dans nos installations. Nous n’avons pas de terrain synthétique là où la majeure partie de nos voisins en disposent, il est donc plus difficile pour nous d’attirer des jeunes sur un secteur très concurrentiel. » Si le projet de terrain synthétique ne semble pas dans les cartons de la municipalité, la construction prochaine d’un nouveau quartier aux quelques 480 logements devrait permettre à l’AS Reichstett d’envisager sereinement la suite… 


Article publié le 28 mars 2018 à 17:45

 

Par Steve Delannée

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